30/10/2008

Eclatée

Que reste-t-il de nos êtres lorsque nous laissons tomber les masques ? Pour vous, je ne sais pas. Moi, je suis juste une paumée parmi des milliers d’autres paumés qui aimerait qu’on lui offre un mode d’emploi de la vie. Je sais, chacun doit trouver son propre chemin en ce bas monde et avancer. Je cherche toujours et je ne trouve pas.

 

Si je devais me définir, je dirais que je suis un être éclaté. Eclaté par le fait d’aimer tant de disciplines artistiques et de ne pas avoir assez de temps ni de talent que pour pouvoir assouvir toutes mes passions ou seulement parvenir à mener à bien un seul projet. Eclaté de vivre en ville alors que je suis née pour vivre au milieu des arbres et contempler l’horizon. Eclaté de faire du mal aux êtres que j’aime lorsque mon mal à la vie me submerge et que j’explose ou que j’aspire à ne plus être pour ne plus souffrir. Je passe pour un monstre d’égoïsme dans ces moments-là. Je sais. Je n’ai rien demandé à personne, surtout pas à venir au monde. Mes parents m’ont fait le cadeau de la vie pour que je sois « heureuse », comme ils disent. Et bien, il y a des cadeaux que l’on paie cher et que l’on a parfois envie de rendre, simplement parce qu’ils sont trop lourds à porter.

 

Mes propos doivent vous scandaliser. Je n’en ai rien à faire.

Je sais que des millions d’êtres aimeraient être à ma place et pouvoir mener la vie que je mène. Je sais que des milliers d’êtres se battent pour rester en vie. Seulement voilà, c’est ma vie, et malgré tous les sourires, tous les efforts du monde pour me rendre utile à quelque chose, tout l’amour qui souvent me submerge et que je voudrais offrir à la terre entière, toute la beauté que j’observe, je me sens coincée, à l’étroit et mes ailes ne parviennent pas à se déployer. Je ne sais pas ce qui ne tourne pas rond chez moi. Je ne sais toujours pas qui je suis. Peut-être ne le saurais-je jamais.

 

Alors, je vais remettre le masque que l’on attend que je porte parce que tout le monde à ses merdes à assumer. Je le sais. Vous aussi.

 

Allez, je vais sourire.

11:18 Écrit par Woman in anger dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

29/10/2008

 

Je me suis encore rétamée la face contre le sol. Résultat : nez cassé et ouvert, du sang sur le trottoir et surtout un gros choc. Ce n’est que la troisième fois que cela m’arrive et j’ai appris que la première chose à faire dans ce genre de situation est de tout de suite se préoccuper de ses dents, de sentir si elles ne sont pas cassées. Heureusement, elles n’avaient rien. Ouf ! Mon compagnon qui était à mes côtés me rassure et me dit que, à part mon nez, je n’ai aucune blessure. Chouette, cela aurait pu être pire. Je prends quelques minutes pour récupérer mes esprits et mon but est de rentrer chez moi. Mais pendant ce temps , un attroupement s’était déjà formé autour de nous. C’est étrange tout de même. Tout de suite, des regards suspicieux se tournent vers mon ami. Et si c’était lui qui m’avait donné un coup de poing ? Bon, on va dire que c’est chouette de constater que certains êtres protègent les femmes de la violence. Il ne faut cependant pas exagérer. Si on ne peut même pas se casser la gueule sans occasionner des ennuis à son compagnon, où va-t-on ?

 

« Il faut appeler l’ambulance !», « Il faut appeler l’ambulance ! », disaient certains. Je savais que ce n’était pas nécessaire et j’ai répété plusieurs fois que je n’en voulais pas, qu’il fallait juste que je récupère quelques minutes. Déjà, le sang avait cessé de couler. De chouettes gars sont venus m’apporter de l’eau pour que l’on puisse me nettoyer le visage et pour que je puisse boire. Ca, c’est vachement sympa et intelligent comme réaction. Mais quelqu’un a tout de même appelé les secours à l’encontre de ce que je souhaitais et je ne sais pas qui a arrêté une voiture de police qui passait justement dans les parages. Et rebelote que l’on s’en prenne à mon compagnon.

 

L’ambulance est arrivée. Les infirmiers ont tout de suite vu qu’il n’y avait pas de quoi les déranger mais nous sommes tout de même montés dans le véhicule sous la pression des gens. Merci les gars.

 

Alors j’aimerais bien connaître l’identité de la personne qui a eu l’idée géniale d’appeler les secours, histoire de pouvoir lui adresser la facture que je vais me prendre et de l’ambulance et de l’hôpital alors que j’avais bien dit que je ne voulais pas de ça, et que ce n’était absolument pas nécessaire.

 

On dit que nous vivons dans un monde du chacun pour soi. Et bien parfois, j’aimerais que ce soit une réalité. Parce que j’aimerais que ma parole soit entendue lorsque je dis quelque chose et que la foule n’a pas à décider pas à ma place, parce que je peux me casser la gueule toute seule comme une grande sans l’aide de personne et parce que je ne veux surtout pas que l’on soupçonne quelqu’un qui n’a fait que m’aider d’être l’auteur de mes blessures.

 

J’ai les boules !

12:35 Écrit par Woman in anger dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

20/10/2008

 

Je me rappelle, enfant, être allée dans l’orphelinat où travaillait ma marraine. On a beau ne pas tout comprendre lorsqu’on est gosse, on n’en ressent pas moins les choses sans forcément être apte à apposer des mots sur ce que l’on perçoit.

 

Je me rappelle avoir traversé une pièce dans laquelle se trouvaient une dizaine d’enfants, tous plus mignons les uns que les autres. Ils ne jouaient pas. Ils attendaient. Oui mais quoi ? Alors j’ai posé la question à ma marraine et j’ai appris que ces petits êtres allaient recevoir la visite d’un couple de parents adoptifs. Dans le meilleur des cas, un de ces enfants allait enfin trouver une famille. Tant mieux. Mais qu’en était-il des autres ? Je ne peux m’imaginer ce qu’ils devaient éprouver de ne pas avoir été choisis. Quand j’y repense, des mots comme "cruauté", "injustice", "indécence" me viennent à l'esprit.

 

Cette scène ne m’a jamais quittée. Je me demande souvent ce que sont devenus ces enfants, comment ont grandi ceux et celles qui n’ont jamais été choisis pour X bonnes ou mauvaises raisons.

 

J’ai dans mon entourage un couple d’amis homosexuels. Je les aime et les respecte du plus profond de mon âme. Je connais leur souffrance de ne pas pouvoir adopter un enfant, simplement parce qu’ils ne correspondent pas au schéma « normal » de la famille. Et là, j’ai envie de hurler, de frapper contre nos législateurs en matière d’adoption car que vaut-il mieux ? Laisser croupir des enfants dans des orphelinats et les priver d’amour ou leur offrir la chance d’être aimés, respectés, désirés ?  Les homosexuels effectuent un réel choix de parentalité responsable, ce qui n’est pas le cas de beaucoup d’hétérosexuels à qui tout est du puisqu’ils font partie de cette abjecte « norme ». Certains de ces derniers peuvent procréer comme des lapins, ne pas s’occuper de leurs enfants, n’avoir aucun projet pédagogique et toucher leurs allocations familiales tous les mois. Ca, c’est normal. Et vous trouvez que le monde tourne rond ? Pas moi.

 

Oui, oui, on dira que les enfants ont besoin d’un référant masculin et d’un autre féminin pour pouvoir s’épanouir. Et les grands-parents, les frères et sœurs, les amis, c’est de la merde ? J’ai honte de cette société qui prive des enfants de la chance d’être aimés. J’ai honte de cette société qui stigmatise et décide à la place de ceux et de celles qu’ils méprisent en continuant à les traiter comme des erreurs de la nature. Honte à vous !

 

Je ne veux pas d’enfant par choix. Cependant, je ne tolère pas que l’on prive des êtres remarquables et qui feraient d’excellents parents d’offrir de l’amour et de l’attention à des êtres qui n’ont rien demandé, surtout pas à venir au monde.

23:47 Écrit par Woman in anger dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

14/10/2008

Confessions d'un pitbull muselé

Ca me pendait au museau. J’ai tellement aboyé, griffé, mordu, qu’elle n’a plus envie de ma présence dans sa vie. Elle ne comprend rien à rien cette conne. J’étais là pour la protéger, pour faire barrage contre l’adversité mais non, elle préfère me reléguer dans l’ombre, là où je suis né et où je puise mon essence. Il y avait Saint Roch et son chien et je trouve que nous formions un couple parfait , Frédérique et moi, son pitbull. Et puis, il a fallu qu’un jour IL débarque dans notre petit couple parfait. Au début, je dois avouer que je n’avais rien contre lui. J’avais toujours eu ma place dans toutes les histoires foireuses que ma maîtresse avait vécues. Je ne m’étais jamais senti de trop. Et puis, les jours, les mois passants, j’ai commencé à comprendre qu’elle l’aimait cet imbécile, et qu’elle commençait doucement mais sûrement à me reléguer aux oubliettes. Pour un pitbull digne de sa race, c’est tout bonnement insupportable. Mettez-vous à ma place : j’avais toujours pu gambader dans les pensées de Frédérique, la mener par le bout de ma laisse là où je voulais qu’elle aille. Oh ! Mes intentions n’étaient pas des plus saines. Je la conduisais auprès d’hommes qui la meurtriraient et qui me permettraient d’écumer et de leur sauter à la gueule, de les bouffer psychologiquement. J’existais et, inconsciemment, Fréfré me gratifiait de ses caresses masochistes, en me remerciant.

 

Et puis IL a essayé par tous les moyens de la rassurer, de l’aider, de l’écouter et de l’aiguiller vers des solutions qui lui permettraient de s’exprimer sans avoir recours à mon agressivité. Là, je n’en ai plus eu envie, de ce morveux. Non mais, il n’allait pas décidé de mon droit d’expression. Et j’ai commencé à le haïr, de toute ma force de molosse en colère.

 

J’aurais du être plus subtil, il faut le reconnaître, mais cette qualité ne fait pas partie de la nature canine. Chaque fois que Frédérique m’a laissé l’occasion de rappeler que j’existais et que ce connard était de trop dans notre relation, je ne me suis pas privé pour l’exprimer. Ah ça, non ! Je lui ai balancé toute la hargne dont je suis possédé, d’insultes en baffes, de crises en reproches. Je ne suis pas un pitbull épileptique. Je suis un pitbull, tout court. La violence fait partie de ma nature et Frédérique ne m’a pas choisi pour rien.

 

Mais les temps changent… Et pas en bien, en ce qui me concerne.

 

Aujourd’hui, Frédérique m’a acheté une muselière en cuir qui ferait bel effet dans les soirées fétichistes. Elle ne veut même plus me sortir, elle a trop peur de moi. Voilà bien l’ingratitude féminine. Vous vous coupez en quatre pour leur témoigner votre attachement et quelle récompense obtenez-vous ? Le musellement.

J’essaie de rogner cet attirail moyenâgeux mais cette saloperie va me niquer les crocs. La pouasse.

 

Je sais que Fréfré viendra me voir, tard, la nuit, dans ses rêves, car elle ne souhaite pas ma mort. Elle me veut toutou bien gentil et je devrai encore remuer la queue devant tant de considération.

 

Les chiens, ça crève un jour. J’aurais préféré que l’on m’euthanasie plutôt que d’observer ma maîtresse travailler à être autonome et responsable de ses choix. Sans mon aide, elle risque bien d’y arriver, cette salope, et ça, je sais que cela me fera mourir de dépit.

12:23 Écrit par Woman in anger dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |